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Mohammed Hadj Sadok

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Mohammed Hadj Sadok

Mohammed Hadj Sadok (1907- 2000).

Mohammed Hadj Sadok est né en 1907 dans famille de lettrés traditionnels de Aïn Defla qui maintenait la mémoire de ses aïeux, compagnons de lutte de l’Emir Abdelkader.  Son enfance a été marquée par les récits des combats de son arrière-grand-père dans l'armée de l'émir Albelkader. Durant son adolescence, il a vu le petit-fils de celui-ci, l’Emir Khaled, préparer ses victoires électorales.

De 1929 à 1932, Hadj Sadok est à Paris pour y poursuivre ses études, notamment à l'Ecole des langues orientales où il a eu les grands arabisants William Marçais et Louis Massignon comme maîtres.

Hadj Sadok était un des animateurs du Comité de Soutien à l’Etudiant musulman, qui coopérait avec l’AEMAN.

A Sétif auparavant, en 1932, il avait eu Ferhat Abbas comme ami et Mostefaï Chawqi comme élève.

Deux ans plus tard il enseigne l'arabe au lycée Duveyrier de Blida à des élèves comme Abane Ramdane, le futur chef du CCE du FLN, et Benyoussef Benkhedda, qui présidera le GPRA.Il a eu également Ali Boumendjel, Saad Dahlab, M’hammed Yazid, Sadek Hadjerès etc.

Dans son témoignage, Sadek Hadjerès raconte le professeur qui était Hadj Sadok, il dit : « Avec lui, la tendance s’est inversée dès le premier jour. Ayant bien connu l’école coranique et les medersas libres, j’ai pu d’emblée mesurer la différence. Quittant l’image misérabiliste de la langue arabe que nous donnait jusque là l’enseignement, aussi bien traditionnel que français, nous nous sommes sentis réintégrés dans un monde qui nous était jusque là caché. Nous nous le réappropriions, avec une fierté dont nous étions sevrés jusque là par l’indigence de l’enseignement arabe colonial, tout en retrouvant avec des yeux nouveaux les courants qui nous reliaient à l’universel, grand absent de notre enseignement traditionnel »

 

Reçu à l'agrégation d'arabe en 1947. L’année suivante Hadj Sadok rentre dans le cabinet du gouverneur général d’Algérie, Marcel Naegelen. Grace à sa position dans l’administration coloniale, il engage une action en faveur de la promotion des musulmans par l'école. On lui doit notamment la fusion des classes A et B qui séparaient les élèves « indigènes » et leurs camarades européens à l'école primaire. Il a surtout réussi en 1951 à transformer les medersa d'Etat - que les assimilationnistes voulaient fermer - en lycées d'enseignement franco-musulman.

Sadek Hadjerès raconte « qu’en prolongement de sa contribution au maintien des trois medersas d’enseignement franco-arabe menacées de disparition, puis à la création de l’Institut des études islamiques près l’Université d’Alger, ouvert aux promotions d’élèves issus des trois medersas départementales officielles, Hadj-Sadok réalisera au cours de la guerre de libération une œuvre pédagogique d’une grande portée nationale. »

Il s’était engagé dans la création du "lycée d‘enseignement franco-musulman" de Ben-Aknoun, qui deviendra à l’indépendance le lycée Amara Rachid.

 

Selon Sadek Hadjerès, « A l’indépendance, se trouvant en France de par ses fonctions d’inspecteur général d’arabe, Hadj Sadok pouvait s’assurer une confortable fin de carrière. Mais, désireux de continuer l’œuvre si bien entamée et encouragé aussi par des amis du nouvel appareil d’Etat, il fit savoir aux autorités de notre pays qu’il se mettait à la disposition de l’Algérie pour contribuer au redémarrage d’un enseignement désormais national. Le ministre concerné était un de ses anciens élèves de l’Institut des Etudes islamiques. Il était aussi une personnalité dans l’appareil du FLN de la capitale et impliqué dans les luttes d’influence et d’intérêts qui s’y déroulaient entre les clans rivaux. Après sa réponse favorable sur le principe, Hadj Sadok attend à Alger un rendez-vous, et finit après quelques relances par l’obtenir. Au dernier moment, on lui fait savoir que le ministre, “empêché”, se fera remplacer par un de ses collaborateurs »

Hadj Sadok est décédé le 23 juillet à Paris où il était installé depuis 1961. Il a été enterré dans son village natal près de Aïn Defla.

Wilaya