Aller au contenu principal

Les foggaras

Image
Les foggaras

Les foggaras. — Ce système des foggaras serait d'origine persane (connus  sous le nom de ghanat en Iran, ces canaux souterrains étaient utilisés par les Perses depuis plus de trois mille ans) et aurait été introduit en Afrique du Nord dès l'Antiquité. Il e d'ailleurs quasiment fait le tour du monde puisqu'on le retrouve at, Proche-Orient, en Afghanistan, en Chine, en deux ou trois lieux  d'Amérique latine et en Espagne. Le but est de s'épargner la corvée toujours recommancée de tirer l'eau du puits, à la main (puits à balancier) ou par traction animale (dalou).

 En effet les canalisations des foggaras conduisent l'eau depuis une nappe souterraine jusqu'aux jardins et palmiers grâce à une pente très douce (1 à 2 mm par mètre de canalisation). Il faut bien entendu que le relief le permette : ainsi les cultures irriguées par foggaras sont-elles habituellement situées dans une faille ou une vallée (le thalweg oasien) à un niveau plus bas que celui de la nappe phréatique (celle d'un plateau par exemple), où l'eau affleure par capillarité à la surface de la nappe sous-jacente.

Les foggaras du Sahara algérien n'ont en moyenne qu'une longueur de 2,5 km.  Mais mises bout à bout, elles formeraient une galerie de 3 000 km. Le chiffre laisse rêveur lorsqu'on imagine les conditions de travail des « mineurs » qui travaillaient à l'aveuglette, pliés en deux dans ces étroits boyaux, forant à la pelle et à la pioche, remontant le sable dans des paniers, sans parler des accidents que les éboulements rendaient fréquents... Parfois en pleine ville, comme à Adrar, les foggaras sont visibles par la succession à la surface de puits, profonds de 5 à 20 m, qui servaient à dégager les déblais ainsi qu'à l'aération. C'est aussi par ces cheminées que les esclaves chargés de l'entretien avaient accès aux galeries obstruées.

Depuis l'abolition de l'esclavage, on ne creuse plus de foggaras. A mesure que s'améliorait le niveau de vie, les Harratines ont refusé le travail d'entretien, ingrat et dangereux. Les chantiers miniers et pétroliers offrent un travail bien mieux rémunéré. Aussi nombre de galeries, laissées à l'abandon, éboulées ou obstruées, ne laissent-elles plus filtrer qu'un mince filet d'eau (d'autant que la nappe phréatique s'est sérieusement asséchée

Wilaya