Benhedouga Abdelhamid

Benhedouga Abdelhamid
 

Benhedouga Abdelhamid

BENHEDOUGA Abdelhamid (1925- 1996). Ecrivain et romancier.

BENHEDOUGA Abdelhamid, disparu en 1996, a vit le jour le 9  janvier 1925,  dans le village d’El-Hamra, situé près de la petite ville de  Mansourah dans la wilaya de Bordj-Bo Arreridj. Il était issu d’une famille pauvre, dont le père, son premier maître, dirigeait une école coranique et assurait la fonction d’imam.

Il est Auteur de plusieurs romans, dont le plus connu est intitulé Le vent du sud (Rih el-djanoub) traitant de la question agraire et considéré, alors, par les critiques comme le premier véritable roman Algérien de langue Arabe. En plus d’être traduit dans plusieurs langues, dont le Français, cette consécration lui valu d’être porté à écran.

Son père était sa première école

Au lendemain de la première guerre mondiale, alors que l’Europe   commençait à se reconstruire, en Algérie, les populations, dont des enfants péris lors de ce conflit meurtrier, continuaient  quant à elles, à subir les affres de la domination coloniale.

Dépossédés de leur terre par des sois scélérates, confrontés à la misère aux maladies, de nombreux Algériens, souvent peu de temps après leur naissance, étaient   emportés par les maladies et la sous alimentation.

Au milieu de cette détresse, Benhedouga, née dans une famille aisée et lettrée était un enfant heureux.

Son père possédait une riche  bibliothèque héritée de ses ancêtres où se trouvaient réunis de nombreux ouvrages de grands auteurs Arabes mais aussi de précieux manuscrits sur papier de Xàtiva, très répandus en Andalousie et remontant pour certains parmi eux, du XVème au XVIIème siècle.

« Mes premières pas, aimait-il à dire, je les ai effectués en compagnie des livres ».

Très jeune, à la lumière d’une lampe de pétrole, il aimait à lire des contes à sa mère pendant qu’elle s’adonnait au tissage de tapis. Il lui racontait ainsi à lui faire découvrir la féérie des Milles et une nuit ou bien les péripéties d’Antar Ibnou Chaddad, d’Alwakidi, et des BanouHillal, les histoires du Levant et d’Afrique.

Lorsque sa maman lui demandait le sens d’un mot ou d’une phrase dont elle n’avait pas bien saisie, il se plaisait  à lui en expliquer le sens.

Installé tout à coté, son père écoutait avec admiration le jeune narrateur et ne décidait à l’intervenir que lorsque celui-ci commettait une erreur.

Son père constitua pour lui la première école du savoir. C’est lui qui commença à lui inculquer les premiers rudiments de la langue Arabe, du calcul et insinua en lui l’amour de la lecture et de la découverte.

Parmi ses livres favoris figurèrent,  Al Oudjroumia, Choudhoudh Adhahab, la poésie d’Ibno Malik en langue Arabe ainsi qu’Adoura Albaydhaa, Alakhdarya et Khalil Ibn Ishak, connu dans les villages algériens, dans la religion islamique et autres classiques arabes.

Dans une interview donnée à l’écrivain tunisien, Benhedouga Abdelhamid disait « j’ai grandi dans une famille Arabe et Musulmane pratiquante et cultivée. Mon père qui était opposé à l’école Française, m’a dispensé des études en littérature Arabe classique et en sciences religieuses. »

Ce sont ses oncles maternels qui, plus tard, vont le contraindre à étudier dans l’école des colons où il passa par tous les cycles de la langue Française au grand désespoir de son papa.

Pour serattraper, il accepta de rejoindre l’institut d’El Ketanya à Constantine, avant d’aller suivre des études à l’université de Zaytouna à Tunis.

Benhedouga part pour rejoindre El Ketanya à Constantine

En 1940, pendant la deuxième guerre mondiale, Benhedouga Abdelhamid prend le chemin pour Constantine, ville qui abritait l’institut Ibno Badisse de l’Association des Ouléma et l’institut d’El Ketanya du Parti du Peuple (PPA). Benhedouga opte pour ce dernier où il découvrira  les idées nationalistes et fera ses premier pas de militants

Le voyage vers Marseille

Le  8 Mai 1945 des manifestations populaires éclatèrent en Algérie. À l’Est du pays, l’armée coloniale riposta par  une répression sanguinaire et ouvra une chasse aux militants. Benhedouga Abdelhamid trouva refuge, chez son oncle commerçant, à Marseille où il entra dans un institut spécialisé dans la transformation des matières plastiques. Après l’obtention de son diplôme, il décrocha le poste de régleur-monteur dans une usine de plastique.

Pendant 3 ans, le jeune lettré fréquenta les immigrés algériens, qui travaillaient dans les usines de Renault et Citroën. Il connut de prés leur situation difficile faite d’exploitation, de marginalisation et de ségrégation. Plus tard lorsqu’il deviendra écrivain, Benhedouga leur consacre un recueille de nouvelle, intitulé «L’écrivain et les autres histoires», qui ne sera, d’ailleurs, publié qu’après l’indépendance de l’Algérie. 

Benhedouga rejoint l’université de Zaytouna àTunis

En 1949, après son retour au village natal, il trouva son cousin, Messouad  Benhadouga, devenu étudiant de l’université Zaytouna à Tunis. Cette perspective le captivait, Benhadouga décida de l’accompagner pour y tenter sa chance. Zaytouna lui ouvra ses portes.

C’est dans cette prodigieuse université que Benhedouga suivra son cursus avec d’illustres professeurs, à l’instar de Authman Kaak, Mohamed Al-fadhel Achour, Mohamed Salah, Lahbib Benkhoudja, Kessar.

Le jeune Abdelhamid ne se contente pas d’études universitaires. Il s’inscrit également à l'Institut de comédie arabe de Tunis où il étudia pendant 4 ans. A la fin de ses études il obtient le certificat universel de Zaytouna ainsi que le certificat des arts dramatiques.

Benhedouga arrêté par la police coloniale  

En plus de son amour pour la littérature et son goût pour l’art, Benhedouga Abdelhamid avait une activité politique intense dans le mouvement estudiantin à Zaytouna. Il était à la tête de l’association des étudiants algériens avec Ali Kafi, le futur président de l’Algérie. Ensemble, ils représentaient le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques ( MTLD).

En 1952, il est arrêté par la police française  à Tunis lors des grandes manifestations du 18 janvier. Benhedouga sera emprisonné dans la prison de El-Mohammadia à Tunis. Mais il réussit à s’échapper et rejoint  son pays natal.

Le retour en Algérie et le déclenchement de la révolution algérienne

Après son retour en Algérie, il rejoignit l’institut d’EL-Ketanaya à Constantine, mais cette fois entant qu’enseignant. Cependant, le déclanchement de la guerre de libération algérienne va l’obliger encore une fois à fuir la police coloniale. En Novembre 1955, un ami l’informât de son arrestation imminente par la police coloniale à Constantine. Il fuit vers son village natal, Elhamre à Mansourah, avant de partir vers la France, deux jours avant que la police vient frapper à la porte de la maison familiale.

 En France, il travailla dans une usine de plastique et entreprendra parallèlement un stage à la radio et télévision française entant que réalisateur de Radio, de 1956 à 1958. C’est durant cette période qu’Il a écrit plusieurs pièces théâtrales pour la BBC.

Retour à Tunis

En 1958, Benhedouga Abdelhamid retourne en Tunisie. Le Front de Libération Nationale (FLN), qui avait organisé sa fuite de France vers la Tunisie, s’était mis d’accord avec la radio tunisienne pour qu’il y travaille.

Dans son nouveau poste, Behadouga produira plusieurs programmes radiophoniques;  On peut citer l’émission «Alouane» dont l’objectif était de promouvoir et de faire connaitre la littérature maghrébine d’expression arabe et française et un programme pour les enfants «Djenat Al Atfale». Benhedouga écrivait et mettait en scène chaque semaine une pièce théâtrale radiophonique.

En plus de ses 30 pièces sur la Révolution algérienne, Benhedouga, dans d’autres textes des sujets sociaux et policiers qui connurent beaucoup de succès chez les auditeurs de la radio tunisienne. L’auteur  recevait plus de 6000 lettres par semaine.

Par ailleurs,  le ministère de l’information du Gouvernement provisoire de la république algérienne chargea Benhedouga de diriger la réalisation du programme de la voix d’Algérie. Ce programme est devenu quotidien après s’être limité à deux diffusions d’une heure par semaine.

Le GPRA le chargea également en 1958 de rédiger l’ouvrage intitulé L'Algérie entre hier et aujourd'hui (en arabe).

Après l’indépendance de l’Algérie :

Trois mois après l’indépendance de l’Algérie, Benhedouga Abdelhamid décida de rentrer au pays et s’installa à Alger. Il rejoint la Radio et la télévision Algérienne où il regroupa le plus grand nombre d’artistes et chanteurs algériens dans la Troupe artistique de la RTA.

Après un stage en URSS, il devient directeur de la Chaine national et de la chaine Kabyle.

Jusqu'à 1988, l’année de sa retraite, il enchaina plusieurs postes entre la radio algérienne, la commissions de lecture et autres postes de conseillé dans le domaine culturel.

Le 19 septembre 1990, il est élu dans la commission dirigeante du 5ème  congrès d’union national des écrivains algériens et devient vice-secrétaire général.

Il est nommé à la tête de l’Entreprise Nationale du livre entant que Directeur général, mais il démissionnât quelques mois après pour devenir le Président du Haut Conseil de la culture.

En Février 1992 ; il est choisi par le défunt président, Mohamed Boudiaf, pour siéger au Conseil Consultatif National  (CCN).Il devient président du CCN à la place de Réda Malek, appelé au Haut Conseil de l’Etat après l’assassinat du Président Mohamed Boudiaf. Mais Benhedouga démissionnât le 26 juillets 1993.

Le 21 Octobre 1996, après sa longue lutte contre la maladie, il tire sa révérence  à l’âge de 71 à l’hôpital Mustapha Pacha, laissant derrière lui un immense héritage culturel et littéraire.

Aujourd’hui, Benhedouga est considéré comme un grand écrivain algérien et surtout le fondateur du roman algérien en langue arabe.

 Son œuvre:

  • L'Algérie entre hier et aujourd’hui, Tunis, 1958, 50 p.
  • Ombres algériennes, Beyrouth, Dar Maktabat al-Haya, 1960, 150 p., nouvelles. Les Sept Rayons, Tunis, Al-Sharikat 1-qawmiyya, 1960, nou-velles.
  • Les Ames vacantes, Alger, SNED, 1967, 100 p., poèmes.
  •  Le Vent du Sud, Alger, SNED, 1971, 266 p., roman. Trad. français par Marcel Bois, 1975, 202 p.
  • La Fin d'hier, Alger, SNED, 1975, 253 p., roman. Trad. franç. par Marcel Bois, 1977, 228 p.
  • L'Écrivain et autres nouvelles, Alger, SNED, 1974, 150 p., nouvelles.
  • La Mise à nu, Alger, SNED, 1980, 330 p., roman. Trad. franç. Par Marcel Bois, 1981, 311 p.
  • La fin d'hier, roman, Sned, 1974, 251 p.
  • Je rêve d'un monde (demain sera un jour nouveau, en arabe), roman, éd. Al Andalous, 1992, 332 p.
  • Blessure de la mémoire, recueil de dix nouvelles, Ed. Marinoor, Alger, 1997, 122 p.
Wilaya: 

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