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La pièce Hadda ya Hadda

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La pièce Hadda ya Hadda

La pièce Hadda ya Hadda du théâtre régional Azzedine Medjoubi dAnnaba, produite en 2015.

Ecrite par Djallel Khachab et mise en scène par Sonia et Habal Boukhari,

l’œuvre aborde des facettes de la vie de la grande dame de la chanson chaouie Beggar Hadda, offrant des moments empreints d'histoire, de poésie mais aussi beaucoup de créativité, au bon plaisir de l'assistance. 

Le rideau s’ouvre sur la jeune Hadda dans les monts d’Ath Babar à Souk Ahras, connue pour sa voix qui porte, et son habilité à mémoriser adages populaires et chansons du terroir, accompagnant sa mère pour animer les fêtes de la famille.

Eprise par le chant et la musique, Hadda, contre vents et marrées, casse

alors les tabous, brave l’interdit et s’obstine à choisir la voie de l’art, du temps où une femme qui chante était considéré comme une honte dans une tribu.

Une autre facette de Hadda est dévoilée, celle de la femme sensible aux conditions de précarité dans lesquelles vivaient son peuple sous l’oppression coloniale, déclamant "Djebel Boukhadra" pour saluer les grévistes chaouis qui ont tenu tête à la direction de la mine de fer durant l'époque coloniale.

Hadda, campé par Lydia Laârini, fait, par la suite, la connaissance de celui qui deviendra son mari, le flûtiste Brahim Bendebache, et donne libre cours à sa voix et son talent, pratiquant sa passion et dévoilant son engagement dans la cause de son pays avec ses célèbres chansons "Djoundi khouya", "Demou sayeh", qui ont résonné au TRC.

De scène en scène incarnant la femme rurale, tirant son inspiration de la vie agreste et du riche répertoire regorgeant des subtilités et d'une grande sagesse paysanne, Hadda chante et enchante avec le timbre particulier de sa voix "Baba sidi", "Rakeb Lazreg", "Trig Tébessa".

Le rideau tombe sur une scène complètement "dénudée", où Hadda, abattue par la mort de Brahim, enveloppée dans sa m'laya abîmée, la flûte du compagnon de sa vie à la main, crie son désarroi et sa solitude, sur fond de sa chanson "Megouani Nesbar".

Une voix en off, contre l’oubli, rappelle le parcours artistique de celle considérée parmi les porte-voix attitrés de la culture des Aurès. 

 

Wilaya